06 décembre 2019

CREATE, SHARE, CONNECT BY LA PLACE – AVEC THOMAS MATHIVET, ACTIVE ASSET ALLOCATION

Depuis sa création début 2018, La Place a réuni plusieurs centaines d’adhérents, dont le nombre ne cesse d’augmenter. Nous avons voulu donner la parole à nos adhérents, qu’ils soient entrepreneurs Fintech, Responsables Innovation au sein d’une banque ou d’une compagnie d’assurance, consultants dans un cabinet de conseils, etc. 

 

Au travers des trois grandes missions qui sont celles de La Place – Create, Share, Connect – les adhérents partagent leurs expériences, bonnes pratiques et anecdotes. Le rendez-vous se poursuit avec Thomas Mathivet, Responsable distribution et ventes institutionnels chez Active Asset Allocation, “AAA” pour les intimes.

 

CREATE :

 

Racontez-nous en quelques phrases le jour où vous avez eu l’idée de créer AAA ?

 

Active Asset Allocation a été créé en 2010, à l’époque où le mot “FinTech” n’existait pas. C’est l’histoire d’une rencontre entre deux personnes, Adina Grigoriu (actuaire de formation, trader dans des salles de marché, etc.) et Olivier Hiezely (ancien dirigeant SI de L’Oréal) à l’EDHEC Risk Institute à Nice. Entre 2007 et 2010, Adina y travaillait sur une nouvelle approche de gestion du risque avec d’autres chercheurs. Une approche qu’elle a pu vérifier en application auprès d’une société de gestion d’actifs néerlandaise à la suite de la crise financière de 2008. Elle s’est rendu compte qu’elle tenait une technique nouvelle sur la perte maximale en capital (“max drawdown”), peu utilisée chez les institutionnels et Asset Managers. Elle a donc voulu créer une société et à ce moment-là, elle a rencontré Olivier, qui faisait son MBA à l’EDHEC Risk Institute et voulait sortir du secteur industriel et se lancer dans l’entrepreneuriat. Dans cette société, il a tout de suite été logique qu’Olivier incarne la gestion des process, la technique et le digital et qu’Adina gère de son côté toute l’ingénierie financière. Sans le savoir, on avait rassemblé la “Fin” et la “Tech” ! En 2017, nous avons évolué en devenant un Robo-advisor, uniquement en B2B ou B2B2C. Aujourd’hui la société est toujours basée à Nice, avec quelques personnes à Paris. Nous sommes une quinzaine de personnes au total.

 

Quelle expérience voulez-vous créer avec AAA ?

 

Historiquement, AAA est une société d’ingénierie financière qui propose des solutions d’investissement sur-mesure basées sur la gestion des risques. Il s’agit d’estimer avec nos clients combien ils sont prêts à perdre lorsqu’ils investissent : il est important de comprendre que si un client me dit qu’il est prêt à perdre 5 % de son investissement, cela ne veut pas dire qu’il perdra 5 %. Aujourd’hui, parler de volatilité ne veut rien dire pour les gens qui veulent investir. C’est pour cela que nous avons préféré utiliser un chiffre qui parle à tout le monde : le Maximum Drawdown, ou perte maximale. Nous voulons être un acteur du digital avec un conseil en allocation robuste. Il y a beaucoup d’acteurs qui sont avant tout digitaux et qui conseillent sur de l’allocation d’actifs mais finalement, ce ne sont pas des spécialistes. Notre mission est de démocratiser la gestion de l’épargne, avec des outils qui parlent à tous. Nous voulons équiper les personnes du métier et leur fournir de l’aide pour qu’ils donnent des conseils adaptés.

 

Votre secret pour continuer à créer tous les jours ?

 

Pour répondre à cette question, j’en poserais d’abord une autre que la cofondatrice Adina cite souvent : à votre avis, pourquoi une FinTech créé beaucoup plus qu’un grand groupe qui a des moyens bien plus importants ? En fait, c’est parce que nous avons besoin de manger, et donc d’innover en permanence. Comment on innove ? On ne peut pas le faire chacun dans son coin. Nous étudions ce qui se fait sur le marché. Le fait d’écouter nos prospects, d’écouter nos clients, nous permet d’identifier les problématiques : comme par exemple le fait qu’il y a trop de fonds en euros et que nos clients veulent plus d’UC. Nous réfléchissons alors à comment notre outil peut les aider à transformer leur stock de fonds euros en UC. Par exemple, Allianz – qui est entré dans notre capital en juin 2019 – avait une problématique spécifique : ils souhaitaient un accompagnement, non pas sur les compétences du Robo-advisor mais dans le reporting digital pour aider leurs clients à mieux suivre leurs contrats. Nous sommes en phase d’expérimentation avec eux pour tester cet outil. Au final, nous ne serions jamais allés les voir pour leur proposer cet outil. Ce sont nos échanges qui nous ont permis de détecter ce besoin.

 

SHARE :

 

Quel est le meilleur conseil que l’on vous ait partagé et que vous partagez volontiers aujourd’hui ?

 

Je vais me répéter, mais je dirais que c’est de toujours écouter ses clients. C’est primordial de les écouter pour comprendre leurs obstacles, leurs problématiques. On peut être précurseur et avoir une super idée… mais au final, le client reste juge. Il sera là pour nous rappeler qu’il nous manque encore des briques ou que nous n’abordons pas le problème avec le bon angle. 

 

Qu’est-ce que vous avez l’impression de partager avec les autres Fintech françaises ?

 

Je pense tout d’abord que nous sommes très solidaires entre nous. Bien sûr que nous sommes concurrents pour certains, mais il ne faut pas croire que nous ne sommes pas solidaires et que nous n’échangeons pas. Par exemple, lorsque nous sommes plusieurs à répondre à un appel d’offre, et que nous n’avons pas été retenus, nous essayons de savoir pourquoi. Parfois, on se rend compte que nous pouvons même être complémentaires. Cela nous est déjà arrivé de devenir le moteur d’allocation d’un de nos concurrents sur le marché B2B car notre offre semblait plus pertinente sur une compétence précise. En écoutant les autres FinTech, on arrive à trouver des synergies entre nous. Et puis, on apprend en les regardant pitcher, en écoutant leurs retours d’expérience de partenariats, etc. D’ailleurs, La Place contribue à ces échanges entre startups. Nous avons tous de bonnes solutions mais on ne peut pas tout faire et répondre à toutes les demandes. À un moment donné, on se rend compte qu’une personne a mis du temps et de l’argent dans une solution que nous n’avons pas : alors au lieu de la développer, allons voir s’il y a des synergies possibles. Le secret des Fintech est de s’écouter et de voir si nous avons la même vision du marché.

 

Le dernier moment de partage au sein de AAA ?

 

Étant donné que nos équipes sont réparties entre Nice et Paris, nous ne nous voyons pas tous les jours physiquement. Néanmoins nous avons instauré une règle très importante pour nous : un point tous les lundis matin où l’équipe se réunit via Skype. On voit ensemble les différents points : opérations, ingénierie financière, IT, marketing, commercial, et même direction. Chacun prend 5 minutes pour expliquer ce qu’il va faire cette semaine et ce qu’il a fait la semaine dernière. Cela nous permet de comprendre très rapidement ce qu’il se passe au sein de chaque division. Car c’est compliqué de savoir quels sont les sujets clés des autres équipes, d’autant plus lorsqu’on n’est pas dans la même ville. Même si nous avons tous beaucoup de travail, nous avons tous un poste clé, il est donc important de communiquer et d’écouter. Nous avons choisi d’utiliser Skype pour nous voir et pour que les équipes de Paris puissent voir le suivi et l’évolution des tâches de chacun. 

 

CONNECT :

 

Quel est le contact qui vous a le plus aidé à accélérer à vos débuts ?

 

Active Asset Allocation a été aidé par plusieurs personnes, incubateurs et accélérateurs à ses débuts. Je pense par exemple au Pôle Finance Innovation et à l’incubateur du Palais Brongniart. Il y a plusieurs acteurs de la région de Nice, comme l’incubateur PACA-Est, à Sophia Antipolis ou le réseau d’association de chefs d’entreprises Réseau Entreprendre Côte d’Azur. Et puis, il y a tous nos clients qui nous ont fait confiance. Je pourrais citer plus particulièrement Daniel Collignon du Groupe Crédit Agricole Spirica qui en 2017 nous a avoué qu’il savait que nous n’avions pas encore l’outil digital mais il adorait notre outil de conseils en allocations. Il nous a dit de prendre le temps pour lui développer un outil. Pour nous, c’est très puissant d’avoir une personne comme lui qui nous fasse confiance. Nous avions déjà 7 ans de travail et de résultats. Sur un nouveau domaine qu’est le digital, il nous a fait confiance et laissé le temps de lui présenter un prototype pour équiper ses conseillers. Aujourd’hui, nous avons des gestions pilotées avec eux avec des outils d’aide à la vente pour les conseillers de Spirica et UAF Life Patrimoine qui est leur réseau de distribution. Cette collaboration nous a donné de la crédibilité pour d’autres prospects.

 

Comment vous vous connectez à votre écosystème extérieur ?

 

Nous faisons par exemple des candidatures spontanées pour nous connecter à des écosystèmes FinTech. Je peux prendre l’exemple de La Place qui, lorsqu’elle a ouvert en 2018, nous a directement paru pertinente. Nous leur avons écrit pour savoir comment se connecter et devenir adhérent. De même, nous avons fait les démarches pour être présent à la Lhoft (Luxembourg House of Financial Technology) à Luxembourg. À termes, nous voulons développer un vrai pôle au Luxembourg.

 

Là maintenant, avec qui aimeriez-vous être mis en contact pour un déjeuner pro ?

 

Mon esprit commercial répondrait : beaucoup de personnes ! J’aimerais beaucoup déjeuner avec tous les responsables de la transformation digitale au sein des pôles finance des Assureurs. Nous nous rendons compte que notre produit plaît de plus en plus aux Assureurs. J’aimerais les rencontrer pour comprendre véritablement leurs besoins. Bien évidemment, j’ai des noms en tête, mais il me faudrait la journée pour tous les citer.

 

3 questions La Place :

 

Depuis quand êtes-vous membre de La Place ?

 

Nous sommes membre de La Place depuis ses débuts, en avril 2018.

 

“Le truc en plus” à La Place pour vous ?

 

Ce que j’aime beaucoup déjà, c’est son nom ! C’est vraiment une place : on y passe, on n’y reste pas, elle est bien située, elle est centrale, on peut venir quand on veut, on peut y faire des rendez-vous clients. J’aime beaucoup ses événements aussi, notamment les Hackathons et les retours d’expériences croisés avec des sujets divers et variés. 

 

Votre dernier événement à La Place ? 

 

C’était l’événement AI for Finance organisé par Startup Inside et La Place, qui était un super événement. Nous avons même pris un stand AAA pour participer à AI for Finance, qui mettait en avant l’expertise des FinTech avec les grands groupes via des retours d’expériences. On a hâte de voir la prochaine édition !

 

 

Thomas Mathivet, en quelques lignes

 

 

Thomas Mathivet, Directeur Commercial Distribution et Institutionnels

Thomas est titulaire d’un master en Gestion de Patrimoine de l’IAE Gustave Eiffel et d’un master en Finance de l’Université Paris-Sorbonne. Il a rejoint Active Asset Allocation en provenance de BNP Paribas Asset Management où il était gérant de portefeuille diversifié pour le compte de clients institutionnels.

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