19 novembre 2019

Retours sur la matinée Fraude de Finance Innovation

Le 13 novembre, le pôle de compétitivité Finance Innovation organisait une matinée “Fraude moi si tu peux” à La Place. Plus de 150 professionnels – entrepreneurs Fintech, cabinets de conseils, Responsable conformités, universitaires, régulateurs – sont venus assister aux trois tables-rondes et à la keynote de la matinée, dédiée à l’usurpation d’identité, à l’usage de faux, à la fraude bancaire, comptable et au paiement. 

 

Christine Gardies, Chargée de mission métiers du chiffre et du conseil au sein du Pôle Finance Innovation, nous explique pourquoi avoir choisi de consacrer une matinée à la fraude : “La fraude est loin d’être un sujet nouveau dans le secteur financier, mais ses formes ne cessent de se développer avec la digitalisation de la finance. C’est un réel enjeu pour les acteurs – petits et grands – de la finance, auquel les startup & scaleup de la finance apportent une multitude de réponses. Le pôle a souhaité mettre en avant au cours d’une matinée la diversité des solutions proposées – labellisées Finance Innovation, diversité tant au niveau des secteurs adressés (Banque, Gestion d’Actifs, Industrie, Immobilier, Assurance, Medias), des métiers (direction financière et administrative, direction juridique, régulateurs, chercheurs…) que des tailles d’entreprises (de la startup à la société coté). La volonté au travers d’un tel évènement est de montrer qu’un ensemble de fintech apportent des réponses à des problématiques qui sont transverses, d’où l’importance d’un écosystème financier.

 

Les grands chiffres de la fraude

 

Pour introduire l’événement, Nicolas Cabioch, fondateur et CEO de SKAIZen Group, rappelle quelques grandes réalités. Une étude d’Euler Hermès consacrée à la fraude a montré qu’en 2018, 7 entreprises implantées en Fraude sur 10 ont été victimes d’au moins une tentative de fraude en 2018, et 1 sur 5 a connu plus de 10 tentatives de fraude la même année. La France est d’ailleurs un des pays les plus exposés en Europe.

 

Nicolas Cabioch revient également sur les types de fraude les plus fréquents. Dans le Top 5 des tentatives de fraude, on trouve tout d’abord la fraude au faux fournisseur (47% des cas), puis les autres usurpations d’identité (30% des cas), la fraude au faux président (29% des cas), l’intrusion dans les SI (28% des cas) et enfin la fraude au faux client (25% des cas). Le fondateur et CEO de SKAIZen Group évoque également le data bridge, autrement dit le vol de données permettant la fraude d’identité, de plus en plus fréquent. Ce panorama montre le panel de postes qui peuvent être impliqués dans les tentatives de fraude. 

 

Les enjeux d’une meilleure prévention

 

Emilie Thebault, CEO de SerendpTech, invitée à la première table-ronde de la matinée, a commencé par rappeler que la réalité de la fraude est qu’elle est aujourd’hui encore très massive et qu’elle fait beaucoup de dégâts. Les chiffres de l’étude d’Euler Hermès le confirment : 13% des entreprises attaquées en 2018 ont eu un préjudice supérieur à 100 000 euros et cette perte passe à 500 000 euros pour 5% des entreprises touchées. La prévention des attaques est un investissement en prévision de ces pertes. Serge Pierrard, cofondateur de Cardabel, précise d’ailleurs qu’aujourd’hui les coûts de préventions sont parfois devenus supérieurs à ceux de la fraude. Fiona Fauvel, Managing Director d’Alterfina, dans sa Keynote consacrée à la fraude dans le M&A, évoquent également ces enjeux dans des moments de vie critiques pour les entreprises. 54% des multinationales avouent que leurs vérifications se font après l’acte d’achat, le risque de fraude est encore trop pris à la légère dans le M&A.. Raphaël Labbe, CEO de Wiztopic, évoque un autre enjeu à ne pas négliger : le capital réputationnel de l’entreprise et les impacts en termes de crédibilité qu’une fraude peut entraîner – auprès des clients, des partenaires, du grand public, etc.

 

Le grand enjeu technique depuis quelques années pour lutter contre la fraude est de passer de processus de prévention manuels à une automatisation des processus. Philippe Sanchis, le directeur général de Vialink, est clair : cela n’est pas possible sans technologie. L’automatisation permet de contrôler un plus grand nombre de données entrantes. Car selon Anaïs Gravier, Key account manager Banking and Insurance chez Oneytrust, le temps est crucial. 

 

La fraude, une conscience collective

 

Philippe Sanchis ajoute que l’enjeu est beaucoup plus transverse que cela. Auparavant la conformité, très proche de la problématique de la fraude, était considéré comme un sujet purement interne. Aujourd’hui, les acteurs du secteur ont compris à quel point le client est encore plus au coeur des enjeux : une meilleure prévention permet d’améliorer le parcours utilisateur. En automatisant tout ce qui peut l’être, il est plus facile de garantir une perception en temps réel des informations et de prendre une décision rapide. Christophe Carminati, cofondateur de Contract Chain, a défendu lors de la dernière table-ronde tout l’intérêt de la blockchain qui, si elle garantit la transparence et non la véracité des données qui y sont cryptées, reste un référentiel commun entre plusieurs interlocuteurs pour arbitrer. Encore faut il que les technologies puissent suivre le rythme d’innovation des services financiers selon Serge Pierrard. 

 

Il faut donc jouer collaboratif pour adresser les problématiques de fraude et d’usurpation selon Rémi Demont, co-fondateur et président de SIS-Id, une communauté de directions financières qui lutte contre la fraude au virement, en mutualisant les identités bancaires et leurs coûts de contrôle. Les experts invités ont tous souligné que s’il y avait une responsabilisation certaine de l’entreprise financière à s’assurer qu’elle déploie tout ce qu’il faut pour prévenir la fraude, la responsabilisation s’applique aussi à toutes les parties prenantes.

 

Quelle promesse faire ?

 

Les différents experts présents lors de la matinée se sont tous accordés à dire que, malgré les nouvelles technologies et malgré l’ambition de mieux détecter les fraudes, ils n’avaient pas la prétention de pouvoir éradiquer toute fraude. Philippe Sanchis précise que la promesse est davantage celle de continuer à prévenir la fraude tout en suivant la réglementation que de contrecarrer toutes les fraudes. Raphaël Labbe confirme : nous pourrons toujours réduire les mailles du filet pour empêcher de plus en plus les attaques, mais il sera impossible de tout stopper. Selon lui, nous serons sans arrêt en mode défensif car les personnes à l’origine des attaques se révèlent très créatives. François De Pimodian, Directeur du développement business chez Bleckwen, parle quant à lui d’une fraude à deux vitesses, qui continuent de toucher des maillons plus faibles. Emilie Thebault conclut son intervention en disant que l’objectif n’est pas de faire peur et qu’il sera toujours question de confiance. 

 

Le prochain événement de Finance Innovation à La Place aura lieu le 4 décembre 2019 : “David contre Goliath : Les Fintech VS le changement climatique

 

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