23 janvier 2020

Une année charnière pour les cryptoactifs 

Mardi 14 janvier, la fintech britannique Finimize organisait à La Place une réunion sur l’investissement en bitcoin et en cryptoactifs qui illustre la maturation progressive de cette nouvelle classe d’actifs.

 

« Selon les enquêtes, 3% à 6,7 % des Français utilisent le bitcoin ou d’autres cryptoactifs » observe Pierre Morizot, cofondateur de Waltio, une regtech consacrée à cette nouvelle finance : « De moins en moins de de gens ne connaissent pas le Bitcoin, mais le besoin de comprendre reste toujours aussi fort. » Pour ce faire, la start-up britannique Finimize a réuni trois des principaux acteurs de la filière : Waltio, donc, le coffre-fort Ledger et l’ancienne « Maison du Bitcoin » Coinhouse. Pendant une heure trente, les étudiants de l’association Kryptosphere les ont bombardés de questions. « Il faut répondre à trois grandes craintes : la volatilité des crypto-actifs, le manque de maîtrise de la technologie et l’inconnue fiscale » résume l’ambassadeur de Finimize en France Julien Saint-Georges.

 

Comment gérer la volatilité des crypto-actifs ?

Il faut donc tout d’abord comment gérer cette nouvelle classe d’actifs, que certaines publications académiques commencent à considérer essentielle dans la construction d’un portefeuille. Dans une période de taux bas, où il est difficile d’obtenir du rendement de ses investissements, les plus-values potentielles rendent très attractifs ce genre de placements. D’autant que l’offre se structure : déjà disponible sur Bloomberg, Reuter et TradingView, l’indice CIX100 des crypto-monnaies les plus actives débarque sur le Nasdaq. 

A côté de cela, certaines banques empêchent encore leurs clients d’investir en crypto-monnaies. Il faut dire que le risque est fort, comme le montre la volatilité du Bitcoin après la bulle de 2017. Le couple risque/rentabilité en fait donc un actif à manier avec précaution. Mais ceux qui en détiennent s’attendent visiblement à de nouvelles hausses, car ils tendent à le thésauriser. 

Cela tend à ralentir le développement du Bitcoin comme instrument de paiement, malgré ses avantages, notamment à l’international. « Plus de 16 000 commerçants dans le monde acceptent des cryptomonnaies, dont 500 en France », remarque Pierre Morizot. Mieux, frais et délais sont quasiment nuls. Jean-Michel Pailhon, vice-président de Ledger, témoigne avoir fait le test en virant deux fois une assez grosse somme à l’international : 15 euros et quatre jours via le circuit bancaire ; 10 minutes et 0,1 centime d’euro via la Blockchain. 

 

La technologie, un frein et une crainte !

La technologie reste une crainte majeure. Et ce n’est pas injustifié : « Comme il s’agit d’actifs numériques, on peut pour la première fois dans l’histoire humaine voler des centaines de millions sans sortir de chez soi ! » s’exclame Jean-Michel Pailhon. Le grand public doit apprendre à protéger ses clés privées, et c’est tout le succès de Ledger, qui a déjà vendu 1,7 million de ses portefeuilles physiques pour stocker ces clefs virtuelles. Samsung est entré à son capital l’an dernier, portant la valeur de la start-up à 260 millions d’euros. 

 

L’inconnue fiscale

Quant à l’inconnue fiscale, troisième obstacle cité par Julien Saint-Georges, Waltio a créé un outil qui agrège les comptes de l’épargnant chez les différents brokers, calcule le montant des plus-values et conseille le contribuable sur la bonne plus-value à déclarer. « Il faut démocratiser et simplifier l’usage des cryptoactifs » explique Pierre Morizot, dont la start-up s’attaque maintenant aux écritures comptables. 

Il y a sans doute encore loin de la coupe aux lèvres, mais la construction de la « finance décentralisée » avance à marches forcées. « Des stablecoins comme la DAI de MakerDAO recrée désormais le monde économique et financier tel qu’on le connaît » s’enthousiasme Jean-Michel Pailhon, qui rappelle qu’en face de Libra, le monde officiel s’organise. En Chine comme en Europe, les banques centrales préparent leurs propres cryptomonnaies. « Jusqu’à présent, les acteurs traditionnels de la finance ne regardaient les cryptoactifs que par le biais de la Blockchain » conclut Jean-Michel Pailhon, mais les choses changent : « L’échange de valeur numérique prend toute sa place ». L’aventure ne fait que commencer. 

 

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