31 Janvier 2022

Fintech Labs : la collaboration fintech / grands groupes poussée un cran plus loin

Du 17 au 19 janvier derniers, les Fintech Labs revenaient à La Place Fintech dans un format inédit, mais toujours avec une même ambition : ré-inventer, par l’action, les modalités de collaboration entre jeunes pousses et entreprises institutionnelles, et faire infuser des idées de part et d’autre pour les prochaines étapes de développement. Retour sur ces deux jours de collaboration et d’échanges entre employés de grands groupes et fondateurs de fintech.


Nouvelle formule, mêmes ambitions

La grande nouveauté cette année, c’est que les startups sélectionnées pour participer au programme n’étaient pas créés pendant le hackathon, mais qu’elles lui pré-existaient. “Cette année, nous avons voulu donner leur chance à des projets déjà existants, afin de voir l’impact concret que deux jours de brainstorming pouvaient avoir sur leur activité”, explique Marion Nibourel, manager de La Place Fintech. Aussi stimulantes qu’aient été les éditions passées, elles pouvaient trouver leur limite dans le fait qu’une fois l’édition finie, les salariés retournaient dans leur entreprise respective sans temps et avec des ressources limitées pour les aider à mener plus loin leur projet, du fait qu’ils ont été menés par des équipes mixtes inter-entreprises. Fidèle à la philosophie des Fintech Labs, Marion Nibourel et ses partenaires ont donc décidé de tester une nouvelle formule.
Si l’on en croit les chiffres, l’idée a fait mouche ! Cette année, c’est plus de 40 startups qui ont postulé. Les critères de sélection étaient les suivants : générer moins de 500k€ de chiffres d’affaires, et s’attaquer à une problématique “ni trop tech ni trop enfermée sur un sujet pointu”, à laquelle les employés de grands groupes pourraient contribuer. “Lorsqu’on dit ni trop tech ni trop pointue, on veut en fait s’assurer que les participants corporates vont s’insérer dans le projet , avec toute la richesse qu’apporte la diversité de leur profils, pour infuser leurs expériences dans le projet”, prévient Marion Nibourel. Etaient donc de fait exclues les startups avec un besoin en terme de dév IA ou règlementaire trop prononcée par exemple.
Sur les 40 startups qui ont postulé, 12 ont fait l’objet d’une pré-sélection, au terme de laquelle seulement 4 d’entre elles ont été retenues pour leur potentiel et leur complémentarité. Côté “mentors”, 16 participants ont proposé leur aide parmi les entreprises partenaires du hackathon. Ils ont été dispatchés dans les 4 startups, en fonction de leurs vœux. Et ensuite, place au travail !



Faire évoluer des projets qui résonnent avec l’histoire de chacun

La première étape pour chacune des startups participant aux Fintech Labs a consisté à identifier LA problématique sur laquelle travailler en priorité. “Une telle demande permettait de cibler un point sur lequel challenger la startup, afin d’éviter que le fondateur et sa nouvelle équipe ne s’éparpillent dans tous les sens”, confie Marion Nibourel.
Sans plus tarder, place aux 4 startups sélectionnées :

  • Fridaa, l’application pour faciliter le premier achat immobilier
  • Previo, une alternative éthique au viager et équitable pour les vendeurs, les ayant-droits et investisseurs
  • Anylease, la solution logicielle de location longue durée basée sur l’usage
  • OnlyOne, l’éco-compte à impact positif (dont nous avions interviewé le fondateur, Kamel Naït-Outaleb, en mars 2021)

Pour Fridaa, la problématique identifiée par Manuel Letort, fondateur de la startup bordelaise, portait sur la façon de convaincre les banques de nouer un partenariat stratégique pour financer les primo-accédants ayant remplis leur dossier sur l’application Fridaa. Pour l’épauler, il a été rejoint par 4 profils venus de tous horizons. Maxime Goudenège par exemple, ingénieur consultant en systèmes de paiement marché chez Capgemini, a décidé de rejoindre le projet parce qu’il se trouve en ce moment confronté à l’acquisition de son premier bien immobilier. Ou encore Mehdi Garbaa, lui aussi salarié de Capgemini, qui avait imaginé une application similaire à Fridaa sans lancer sa solution sur le marché.





Pendant l’après-midi de restitution, il pouvait être difficile de repérer qui appartenait au projet et qui n’y appartenait pas, tant chacun des membres de l’équipe constituée pendant ces deux jours était impliqué. Ainsi de Maxime Goudenège qui, répondant à une question de l’assemblée, commence sa phrase par “Nous chez Fridaa...”. Révélateur.
Pour Fridaa, le fait de pitcher devant un jury composé de “first-class assesseurs” a pu aider à débloquer certaines problématiques. En ce sens, recueillir les inputs de Jocelyne Gauthier, Responsable Coordination et Innovation au Crédit Agricole, était par exemple extrêmement précieux. Quant aux trois autres startups, leurs problématiques portaient sur la manière de convaincre des investisseurs pour constituer le premier véhicule de financement de rachat de la nu-propriété des vendeurs (Previo), sur l’identification d’une cible prioritaire et la construction d’un pitch commercial efficace afin de conquérir un second client (Anylease), ou encore sur la façon de travailler son repositionnement sur sa proposition de valeur et la déclinaison en terme de discours/plan de communication (OnlyOne). S’il fallait encore prouver que ces Fintech Labs ne sont pas des événements hors sol, la CEO de Previo, Emmanuelle Guthmann, a enchaîné son pitch avec un rendez-vous investisseur 😊

Côté participants, l’expérience a été intense, et aura permis, le temps de deux journées, de se glisser dans la peau d’un startupper. “Les apprentissages sont énormes pour les partenaires, tant du point de vue de la méthodologie que du sourcing de futurs prestataires, partenaires ou investissements pour leurs fonds de Corporate venture”, déclare Marion Nibourel, exaltée par cette édition 2022.
L’événement, qui s’est conclu par un cocktail, semble avoir tenu ses promesses - autant du côté des fondateurs que des participants. Bonne nouvelle pour eux : la collaboration ne devrait pas s’arrêter là, puisque les participants s’engagent à suivre la startup qu’ils ont accompagnée pendant 6 mois.